Paroles de "Caravanes"

Scylla & Furax Barbarossa Lyrics

"Caravanes"

J'étais cet enfant d'dix ans dans les ruelles d'Andalousie
Mon père était sculpteur, il avait de lourds et sombres yeux
Il taillait les mêmes pierres, les mêmes fleurs, les mêmes formes
Mais changeait toujours un détail, comme la création de Dieu
"Tout s'renouvelle toujours" C'est c'qu'il disait
Ça l'fascinait
Ses grands yeux noirs étaient humides
Quand il m'disait que : "Tout s'ressemble, chaque fleur, chaque vague, chaque son, chaque nuage, chaque coucher d'soleil est unique"
C'est pas si loin, je me souviens que nos larmes touchèrent le sol avant nos pieds
Qu'un humain, ça devient un migrant arrivant chez l'autre
Que l'passeur a dans ses mains mon sort et tous nos billets
Je n'rêvais que d'un match du Milan de LimonCello
La vie, c'est donner des coups, mais ce paradis les rend tôt
J'ai voulu tout oublier dans la Baia di Ieranto
Je me souviens des rues du port que les bandits citaient
J'y ai vécu avec la mort et la mendicité
Je nous revois hurlant au centre des ruines brûlantes
Les murs de la ville, nos maisons, les ambulances
La poussières et les cris, les bris d'verre, les corps, les cierges
Au milieu, y avait elle, elle était belle comme le ciel
Elle était belle, je m'en rappelle, le tajine, la Mamma
Son gâteau mirabelle, sa magie, la marmaille L'odeur que laissait dans la médina toute sa menthe
Soudain, tout ça r'monte, c'est donc qu'ici tout ça manque (Tout ça manque)

Mon histoire s'arrête là où la tienne part
Tous ces souvenirs ne m'appartiennent pas
Quand ils me viennent, je m'laisse emporter par le flux
Me contente de les vivre, et je ne parle plus
Mon histoire s'arrête là où la tienne part
Ces souvenirs ne m'appartiennent pas
Quand ils me viennent, je m'laisse emporter par le flux
Me contente de les vivre, et je ne parle plus

Ah ouais, je me souviens de m'être approché de ces flammes, de ceux qui crient
Moi, je ne savais pas qu'un humain, ça peut brûler vif
Ils appellent ça la "vengeance", mais ça se dit "crime"
J'ai vu les morts se consumer, ceux qui peuvent hurler vivent
Papa m'a dit qu'on était pourtant sur nos terres
Alors pourquoi les obus tombent comme la pluie sur nos têtes ?
Je ne me souviens que de sa voix, que de ça
Qui me l'a pris, je n'veux pas le savoir (Eux le savent)
Dans la bruine, je revois nos virées d'folies
Je revois la brume s'accrocher aux milliers d'collines
Le dégradé du ciel, la douce humidité d'l'air
Le présent écrasant, humilité d'hier
J'vois la radio, les parents d'vant l'école primaire
J'revois les gosses courir et escalader leurs dos
Toutes ces personnes semblaient des gens ordinaires
J'ai pas vu l'monstre qui se cachait sous leur peau (Sous leur peau)
Je me rappelle les avoir vus jouer jusqu'à la fin
Leur dignité comme réponse à la violence des hommes
Du radeau d'sauvetage, on s'y entassait dans la cale à vingt
J'me souviens plus d'leurs visages, mais leurs violons résonnent
J'me souviens d'l'air, j'me souviens du morceau
J'me souviens, on avait encore le corps chaud
J'me souviens du morceau, j'me souviens du roseau
J'me souviens des projos, j'me souviens d'Jojo

Mon histoire s'arrête là où la tienne part
Tous ces souvenirs ne m'appartiennent pas
Quand ils me viennent, je m'laisse emporter par le flux
Me contente de les vivre, et je ne parle plus
Mon histoire s'arrête là où la tienne part
Ces souvenirs ne m'appartiennent pas
Quand ils me viennent, je m'laisse emporter par le flux
Me contente de les vivre, et je ne parle plus


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